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Faire grève quand on est salarié ou fonctionnaire : prévenir, salaire, sanctions

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Illustration générée par IA : un poste de travail vide dans un bureau, la chaise rangée et un badge sans nom posé sur le clavier ; au mur, un calendrier où un jour est entouré en rouge avec le mot « Grève » ; sur le bureau, une feuille « Bulletin de paie » et un stylo

Image générée par IA.

Dans le secteur privé, hors entreprises chargées d’un service public, transport ferroviaire et transport aérien de voyageurs, vous n’avez pas à prévenir votre employeur avant de faire grève, et aucun préavis n’est exigé. Vous ne pouvez être ni sanctionné ni licencié pour avoir fait grève, sauf faute lourde (par exemple, prendre part vous-même à des actes illégaux). En revanche, le temps de grève n’est pas payé : la retenue sur salaire doit être proportionnelle à la durée de l’arrêt de travail. Dans la fonction publique (sauf dans les communes de 10 000 habitants au plus) et les entreprises, même privées, chargées d’un service public, la grève doit être précédée d’un préavis déposé par un syndicat, et certains agents et salariés doivent déclarer leur participation 48 heures avant.

Est-ce que faire grève est un droit, même sans être syndiqué ?

Oui. La grève est « une cessation collective et concertée du travail en vue d’appuyer des revendications professionnelles ». Elle suppose un arrêt total du travail, un arrêt collectif, et des revendications professionnelles connues de l’employeur, sur le salaire, les conditions de travail ou la défense des droits, par exemple (service-public.gouv.fr, fiche « Droit de grève d’un salarié du secteur privé »).

« Tout salarié peut faire grève. Il n’est pas nécessaire d’être syndiqué ou représentant du personnel pour faire grève. » Le mouvement doit être suivi par au moins deux salariés, mais vous pouvez faire grève seul dans votre entreprise si vous suivez un appel à la grève lancé au niveau national, ou si vous êtes l’unique salarié de l’entreprise (même fiche).

Dans la fonction publique aussi, « les agents publics exercent le droit de grève dans le cadre des lois qui le réglementent » (code général de la fonction publique, article L114-1).

Doit-on prévenir son employeur pour faire grève ?

Illustration : un calendrier où deux jours sont reliés par une flèche marquée « 48 h », à côté d’une enveloppe
Illustration générée par IA

Dans le secteur privé, non : « le salarié n’a pas à informer son employeur de son intention de faire grève. C’est à l’employeur de constater l’absence du salarié le jour de la grève et de lui demander les raisons de son absence. » Vous pouvez quand même le prévenir si vous le souhaitez (service-public.gouv.fr, fiche « Droit de grève d’un salarié du secteur privé »).

Dans les transports publics, c’est différent. Dans les services publics de transport terrestre régulier de personnes et le transport ferroviaire de voyageurs, hors trajets internationaux (code des transports, article L1324-1), certains salariés, désignés par un accord ou un plan de leur entreprise, informent leur employeur au plus tard 48 heures avant de participer à la grève. Celui qui renonce, ou qui reprend son service, le dit au plus tard 24 heures avant. Ces déclarations sont couvertes par le secret professionnel ; elles servent à organiser le service et peuvent aussi servir à appliquer la sanction prévue en cas de déclaration manquante (code des transports, article L1324-7). Ne pas faire cette déclaration peut valoir une sanction disciplinaire (code des transports, article L1324-8).

Dans la fonction publique, un agent gréviste n’est pas obligé d’informer son administration à l’avance, sauf exceptions (service-public.gouv.fr, fiche « Droit de grève dans la fonction publique ») :

Faut-il un préavis de grève, et quel délai ?

Dans le secteur privé, non. « Un mouvement de grève peut être déclenché à tout moment. Les salariés qui veulent utiliser leur droit de grève n’ont pas à respecter de préavis. » L’employeur doit toutefois connaître les revendications au moment où la grève commence, à l’oral ou par écrit. Des règles particulières s’appliquent aux organismes chargés d’un service public de transport terrestre de voyageurs et aux entreprises de transport aérien de voyageurs (service-public.gouv.fr, fiche « Droit de grève d’un salarié du secteur privé »).

Dans les services publics, oui. Cela concerne les personnels de l’État, des régions, des départements et des communes de plus de 10 000 habitants, et ceux des entreprises chargées d’un service public (code du travail, article L2512-1), ainsi que les agents publics, sauf ceux des communes de 10 000 habitants au plus et de leurs établissements publics (code général de la fonction publique, article L114-2). La grève y est précédée d’un préavis déposé par un syndicat représentatif. Il précise les motifs de la grève, son champ géographique, l’heure du début et la durée, et doit arriver cinq jours francs avant la grève, c’est-à-dire cinq jours entiers, sans compter le jour où il parvient ni celui de la grève. Pendant le préavis, les deux parties doivent négocier (code du travail, article L2512-2).

5 jours francsavant la grève, le préavis doit parvenir à l’employeur, dans les services publics

Le préavis ne vous oblige pas à faire grève pendant toute sa durée : un agent public « peut cesser ou reprendre le travail au moment qu’il choisit » (service-public.gouv.fr, fiche « Droit de grève dans la fonction publique »). Dans les six services des collectivités cités plus haut, l’autorité territoriale peut toutefois imposer aux agents déclarés grévistes de faire grève dès leur prise de service et jusqu’à son terme, lorsque la grève en cours de service pourrait entraîner un risque de désordre manifeste dans l’exécution du service (code général de la fonction publique, article L114-9). Les arrêts de travail tournants, par roulement entre les services ou les catégories de personnel, sont interdits dans les services publics (code du travail, article L2512-3).

Est-ce qu’on est payé quand on fait grève ?

Illustration : une feuille « Bulletin de paie » avec une ligne en pointillés, l’étiquette « − 1/30 » et une pile de pièces
Illustration générée par IA

Non, le temps de grève n’est pas payé. Dans le secteur privé, « la grève suspend le contrat de travail, mais ne le rompt pas ». L’employeur retient sur la paie une part du salaire et de ses éventuels accessoires, comme une indemnité de déplacement. « La retenue sur la rémunération doit être proportionnelle à la durée de l’arrêt de travail. Toute retenue supérieure est interdite. » La grève ne doit pas être mentionnée sur votre bulletin de paie, et l’employeur ne peut pas vous demander de rattraper les heures non travaillées (service-public.gouv.fr, fiche « Droit de grève d’un salarié du secteur privé »).

1/30de la rémunération retenu par jour de grève dans la fonction publique d’État, même pour moins d’une journée

Dans la fonction publique d’État, la retenue est d’un trentième de la rémunération par jour de grève, « même si la durée de la grève est inférieure à la journée complète ». Elle porte sur toute la rémunération : traitement, indemnité de résidence, primes et indemnités ; le supplément familial de traitement reste versé en entier. Pour plusieurs jours de grève de suite, on compte tous les jours du premier au dernier, même ceux sans service : une grève le vendredi et le lundi suivant fait retenir quatre trentièmes (service-public.gouv.fr, fiche « Droit de grève dans la fonction publique » ; code général de la fonction publique, article L711-3).

Dans les fonctions publiques territoriale et hospitalière, la retenue est proportionnelle à la durée de la grève : un trentième pour une journée, un soixantième pour une demi-journée, 1/151,67 par heure (même fiche).

Peut-on être licencié pour avoir fait grève ?

Non. « L’exercice du droit de grève ne peut justifier la rupture du contrat de travail, sauf faute lourde imputable au salarié. » Il ne peut pas non plus entraîner de mesure discriminatoire, notamment sur les salaires et les avantages sociaux. « Tout licenciement prononcé en absence de faute lourde est nul de plein droit » (code du travail, article L2511-1). Aucun salarié ne peut être sanctionné, licencié ou discriminé « en raison de l’exercice normal du droit de grève » (code du travail, article L1132-2).

La faute lourde est une action commise dans l’intention de nuire à l’employeur, par exemple une « participation personnelle et active à des actes illégaux ». Dégrader des locaux ou du matériel, ou commettre des violences contre la direction ou le personnel, peut aussi être puni pénalement. Les grévistes doivent respecter le travail des non-grévistes : ils ne peuvent pas les empêcher de travailler, et occuper les locaux peut, selon les cas, être un acte abusif (service-public.gouv.fr, fiche « Droit de grève d’un salarié du secteur privé »).

Dans les services publics, ne pas respecter le préavis ou l’interdiction des arrêts tournants expose aux sanctions prévues par le statut des personnels, après une procédure où l’agent peut présenter ses observations et consulter son dossier (code du travail, article L2512-4). La grève perlée et la grève du zèle, faites d’arrêts courts et répétés ou de ralentissements, ne sont pas légalement des grèves : y participer peut justifier une sanction disciplinaire (service-public.gouv.fr, fiche « Droit de grève dans la fonction publique »).

Qui n’a pas le droit de faire grève ?

Les fonctionnaires actifs de la police nationale et ceux des services déconcentrés de l’administration pénitentiaire « ne jouissent pas du droit de grève » (code général de la fonction publique, article L114-3), pas plus que les techniciens et les agents des systèmes d’information et de communication du ministère de l’Intérieur (article L114-6). Les magistrats judiciaires et les militaires n’ont pas non plus le droit de faire grève (service-public.gouv.fr, fiche « Droit de grève dans la fonction publique »).

Je ne fais pas grève, mais mon bus ou mon train est en grève : que se passe-t-il ?

Si vous êtes salarié, vous ne pouvez pas être sanctionné si vous prévenez votre employeur de votre retard ou de votre absence, par tout moyen (appel, SMS…), et si vous justifiez que vous ne pouviez pas venir, par exemple avec une attestation de la compagnie de transports. En revanche, le temps d’absence n’est pas payé, sauf si votre convention collective prévoit le maintien du salaire : la retenue doit être « strictement proportionnelle à la durée de l’absence ». Un retard de 20 minutes, par exemple, se calcule sur ces 20 minutes (service-public.gouv.fr, fiche « Grève des transports : quels droits pour le salarié ? »).

Le télétravail est possible sur simple accord avec votre employeur. Il ne peut pas vous l’imposer, et il n’est pas obligé de l’accepter. Sinon, vous pouvez convenir ensemble d’un jour de congés payés, d’un jour de réduction du temps de travail ou d’un congé sans solde ; l’employeur peut aussi vous faire rattraper les heures un autre jour de la semaine. En cas de désaccord, par exemple sur le montant de la retenue, vous pouvez saisir le conseil de prud’hommes (même fiche).

Pour savoir quand votre réseau doit annoncer le service assuré, et comment être remboursé d’un trajet annulé, voyez « Jour de grève : école, transports, quels sont vos droits ? ».

Où voir les grèves annoncées près de chez vous ?

Nous essayons de recenser les grèves et les journées de mobilisation annoncées, département par département, chacune avec qui l’annonce et sa source, sur la carte du jour, dans l’agenda et dans la rubrique Grève dans l’éducation.

Une manifestation est aussi prévue près de chez vous ? Voyez « Manifestation interdite ou non déclarée : que risque-t-on ? ».

En bref

Faire grève, en bref
QuestionSecteur privéFonction publique et services publics
Prévenir son employeurNon (sauf certains salariés des transports publics : 48 heures avant)Non, sauf enseignants des écoles maternelles et élémentaires publiques et certains services : 48 heures avant
PréavisAucun (règles particulières dans le transport aérien de voyageurs)Déposé par un syndicat, 5 jours francs avant (pas dans les communes de 10 000 habitants au plus)
SalaireRetenue proportionnelle à l’arrêt de travailÉtat : 1/30 par jour ; territoriale et hospitalière : 1/30 par jour, 1/60 par demi-journée, 1/151,67 par heure ; entreprises chargées d’un service public : non détaillé ici (code du travail, article L2512-5)
Licenciement, sanctionInterdits, sauf faute lourdeSanctions si le préavis ou les règles ne sont pas respectés
Sans droit de grève—Fonctionnaires actifs de la police nationale, services déconcentrés de l’administration pénitentiaire, magistrats judiciaires, militaires…

Cet article résume les textes officiels et ne remplace pas un conseil juridique. Pour une situation précise, rapprochez-vous d’un avocat.

Thèmes : #mesdroits #grève

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Sources

Vérifié le 2 novembre 2026 sur Légifrance (versions en vigueur au 2 novembre 2026) et sur service-public.gouv.fr :

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