Enfant blessé en manifestation : que faire ? Plainte, IGPN
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Photo : A.BourgeoisP, CC BY 4.0, Wikimedia Commons.
Votre fils ou votre fille a été blessé pendant une manifestation ou un blocus lycéen ? D’abord les soins : en cas d’urgence, appelez le 15 ou le 112. Faites ensuite examiner votre enfant par un médecin, qui décrit ses blessures dans un certificat, gardez des preuves et portez plainte : la police et la gendarmerie doivent enregistrer votre plainte. Si un policier ou un gendarme est en cause, vous pouvez aussi le signaler à l’IGPN ou à l’IGGN et saisir le Défenseur des droits. Voici les étapes, d’après les textes officiels.
Le 9 octobre 2026, le ministère de l’Intérieur comptait, depuis le début du mouvement lycéen, plus de 200 lycéens et plus de 800 policiers et gendarmes blessés, et 24 enquêtes ouvertes par l’IGPN, la « police des polices » (voir notre page du vendredi 9 octobre, avec ses sources). Les blessés signalés chaque jour, avec leurs sources, sont sur notre page Violences autour des lycées, et ce qui s’est passé près de chez vous sur la page de votre département.
Mon enfant a été blessé : que faire tout de suite ?
- En cas d’urgence médicale, appelez le 15 (Samu). Le 112 marche dans tous les cas et vous oriente vers le bon service. Une personne sourde ou malentendante peut joindre le 114, par SMS ou par l’application « Urgence 114 » (service-public.gouv.fr).
- Même si la blessure paraît légère, faites examiner votre enfant par un médecin : votre médecin traitant ou les urgences de l’hôpital. Il le soigne et décrit ses blessures dans un certificat médical (guide des droits des victimes du ministère de la Justice).
- Gardez des preuves datées : photos des blessures, certificats médicaux, noms des témoins, vidéos (service-public.gouv.fr). Gardez aussi les vêtements abîmés, les ordonnances et les factures.
- Notez vite, avec votre enfant, ce dont il se souvient : le jour, l’heure, le lieu, ce qui s’est passé.
Pour sa santé, suivez l’avis du médecin. Pour la procédure, seul un avocat peut vous conseiller sur votre cas ; une association d’aide aux victimes peut aussi vous accompagner gratuitement (voir plus bas).
Certificat médical et ITT : à quoi servent-ils ?
Le certificat médical décrit précisément les blessures et leurs conséquences, physiques et psychologiques. C’est ce qui permet au médecin de fixer une « incapacité totale de travail » (ITT), en jours ou en mois (guide des droits des victimes).
Malgré son nom, l’ITT n’est pas un arrêt de travail : c’est la période pendant laquelle la victime ne peut plus accomplir ses activités quotidiennes, ou seulement avec une gêne importante. Un enfant peut donc avoir une ITT (même guide).
Elle compte pour la suite : la justice qualifie les faits selon l’ITT, plus ou moins de 8 jours, et selon les circonstances (service-public.gouv.fr ; code pénal, article 222-13), et l’indemnisation en dépend (voir plus bas).
Après votre plainte, les policiers ou les gendarmes peuvent faire examiner votre enfant par un médecin, souvent dans une unité médico-judiciaire (UMJ) de l’hôpital. Cet examen, fait « sur réquisition », est payé par la justice : vous n’avancez pas les frais (guide des droits des victimes).
Comment porter plainte quand son enfant a été blessé ?
- Où : dans le commissariat ou la gendarmerie de votre choix. Les policiers et les gendarmes sont obligés d’enregistrer la plainte d’une victime, même si les faits ont eu lieu ailleurs. Vous pouvez aussi écrire au procureur de la République, au tribunal judiciaire du lieu des faits ou du domicile de l’auteur (service-public.gouv.fr, fiche « Porter plainte »).
- Qui : votre enfant peut porter plainte seul ou accompagné, par vous, par un adulte de son choix ou par une association d’aide aux victimes. Vous pouvez aussi porter plainte en son nom (fiche « Un mineur peut-il porter plainte ? »).
- Contre qui : si vous ne savez pas qui a blessé votre enfant, la plainte est déposée « contre X » (fiche « Porter plainte »).
- En ligne : impossible pour des violences. La plainte en ligne ne concerne que certaines atteintes aux biens et les arnaques sur internet (fiche « Porter plainte »).
- Ce que vous recevez : un récépissé, et une copie de la plainte si vous la demandez. L’avocat n’est pas obligatoire (même fiche).
Ne tardez pas trop : la plainte doit être déposée dans un certain délai. En général, 1 an pour une contravention et 6 ans pour un délit, à compter des faits (service-public.gouv.fr, fiche sur les délais de prescription). Des violences avec 8 jours d’ITT ou moins sont en principe une contravention, mais elles restent un délit dans de nombreux cas : sur un enfant de moins de 15 ans, commises à plusieurs, avec une arme, aux abords d’un établissement scolaire aux heures d’entrée et de sortie, ou par une personne dépositaire de l’autorité publique, par exemple (code pénal, article 222-13). Pour certaines violences graves commises sur un mineur, le délai est plus long et ne commence qu’à sa majorité (même fiche).
La plainte demande à la justice de poursuivre l’auteur. Pour obtenir réparation, il faut aussi se « constituer partie civile » : l’auteur peut alors être condamné à réparer le préjudice (fiche « Porter plainte »). Un mineur ne peut pas le faire seul : ce sont ses représentants légaux, ou un administrateur désigné par la justice, qui le font à sa place (fiche « Violences physiques ou psychologiques »). Un avocat peut vous expliquer comment.
Blessé par un policier ou un gendarme : quels recours ?
Si votre enfant a été blessé lors d’une intervention des forces de l’ordre (tir de LBD, grenade, coup), trois démarches existent. Elles ne s’excluent pas : vous pouvez faire les trois.
- La plainte, comme pour toute blessure (voir plus haut). Le procureur de la République décide ensuite des suites à donner.
- Le signalement à l’IGPN (police nationale) ou à l’IGGN (gendarmerie), sur un formulaire en ligne : formulaire de l’IGPN, formulaire de l’IGGN. Il est ouvert à toute personne, victime ou témoin, qui laisse ses coordonnées, et vous êtes informé des suites par courriel (service-public.gouv.fr). La plateforme de l’IGPN n’est « ni un service d’urgence, ni un service d’enquête, ni un service de plainte » (ministère de l’Intérieur) : un signalement ne remplace pas la plainte. Pour un policier municipal, ce n’est pas l’IGPN : adressez-vous à la mairie de la commune ou au Défenseur des droits (service-public.gouv.fr).
- Le Défenseur des droits, autorité indépendante qui contrôle notamment le respect de la déontologie par les forces de sécurité. Toute personne victime ou témoin d’un manquement peut le saisir ; pour un enfant, ses parents peuvent aussi le faire (loi organique du 29 mars 2011, article 5). C’est gratuit (article 6) : par son formulaire en ligne, par courrier sans timbre (Défenseur des droits, Libre réponse 71120, 75342 Paris Cedex 07) ou auprès d’un délégué près de chez vous (service-public.gouv.fr). Il peut demander des poursuites disciplinaires et faire des recommandations (même fiche). Le saisir ne suspend pas les délais pour porter plainte (article 6). Si une procédure judiciaire est en cours, il doit obtenir l’accord de la justice avant d’instruire le dossier (defenseurdesdroits.fr).
Qui paie les soins et le préjudice ?
- Votre assurance. La garantie « accident corporel » de l’assurance scolaire couvre les dommages subis par l’enfant, même s’il se blesse lui-même : la formule scolaire pendant les activités scolaires et le trajet, la formule extrascolaire à tout moment. Une garantie individuelle accidents ou une garantie des accidents de la vie peut aussi le couvrir (service-public.gouv.fr). Relisez vos contrats et déclarez vite l’accident.
- L’auteur, s’il est identifié et jugé : le tribunal peut le condamner à réparer le préjudice, si vous vous êtes constitué partie civile (fiche « Porter plainte »).
- La commission d’indemnisation des victimes d’infractions (Civi), au tribunal judiciaire. Avec une ITT d’au moins un mois ou une incapacité permanente, l’indemnisation peut être totale, quelles que soient vos ressources. Pour des violences sur un mineur avec une ITT de 8 à 29 jours, elle peut atteindre 5 000 euros, sans condition de ressources. Dans les autres cas de moins d’un mois, elle dépend de vos ressources et des troubles graves causés, et ne dépasse pas 4 857 euros. La demande se fait dans les 3 ans après les faits, ou dans l’année qui suit la décision définitive s’il y a eu un procès ; un parent peut la faire pour son enfant mineur, sans avocat (service-public.gouv.fr). L’indemnisation peut être réduite ou refusée en cas de faute de la victime (code de procédure pénale, article 706-3).
Pour être aidé dans ces démarches, appelez le 116 006, le numéro d’aide aux victimes : gratuit, tous les jours de 9 h à 20 h, ou écrivez à victimes@116006.fr. Il écoute et oriente vers une association d’aide aux victimes ou un service spécialisé (service-public.gouv.fr).
Et au lycée ?
Si sa blessure l’empêche d’aller en cours, prévenez le lycée au plus vite et donnez-en la raison : la maladie de l’enfant fait partie des motifs d’absence reconnus (service-public.gouv.fr, fiche « Assiduité scolaire et absentéisme »). Pour un contrôle manqué, voyez Un prof peut-il mettre 0 pour une absence à un contrôle ?
Si votre enfant a aussi été interpellé, voyez Garde à vue d’un mineur : durée, avocat, droits des parents : avant 16 ans, un médecin l’examine dès le début de la garde à vue, et à partir de 16 ans, vous pouvez demander cet examen. Si la scène a été filmée et diffusée, voyez Droit à l’image d’un mineur : faire retirer une vidéo.
Et près de chez vous aujourd’hui ?
Blocages, mesures et dates annoncées : cherchez votre commune ou le lycée de votre enfant sur la carte du jour.
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Vérifié le 10 octobre 2026 sur service-public.gouv.fr, Légifrance, justice.gouv.fr, interieur.gouv.fr et defenseurdesdroits.fr :
- Service-public.gouv.fr : « Quels sont les numéros en cas d’urgence (Samu, pompiers...) et les numéros d’écoute ? » (vérifiée le 25 août 2026), « Violences physiques ou psychologiques » (vérifiée le 7 août 2026), « Porter plainte » (vérifiée le 8 juillet 2026), « Un mineur peut-il porter plainte ? » (vérifiée le 22 octobre 2025), « Justice pénale : quels sont les délais de prescription ? » (vérifiée le 29 juillet 2025), « Litige avec les forces de l’ordre ou un organisme privé chargé de la sécurité » (vérifiée le 13 août 2026), « Victime d’infraction : indemnisation par le Fonds de garantie des victimes (FGTI) » (vérifiée le 14 août 2026), « À quoi sert l’assurance scolaire ? » (vérifiée le 15 septembre 2025), « Assiduité scolaire et absentéisme » (vérifiée le 6 novembre 2025), « 116 006, numéro d’aide aux victimes » (vérifiée le 27 juin 2025).
- Formulaires officiels : signalement à l’IGPN et signalement à l’IGGN (services en ligne vérifiés par service-public.gouv.fr le 10 avril 2026), saisine en ligne du Défenseur des droits (vérifié le 10 août 2026).
- Ministère de l’Intérieur, Ma Sécurité : « Plateforme administrative de signalement de l’IGPN » (mise à jour le 11 février 2026).
- Légifrance : loi organique du 29 mars 2011 relative au Défenseur des droits, article 5 (qui peut le saisir) et article 6 (gratuité et délais, version du 23 mars 2022) ; code de procédure pénale, article 706-3 (indemnisation par la Civi, version du 22 novembre 2023) ; code pénal, article 222-13 (violences avec 8 jours d’ITT ou moins, version du 11 juillet 2025).
- Ministère de la Justice : « Guide des droits des victimes » (édition de 2012 ; certificat médical, ITT, examen sur réquisition).
- Défenseur des droits : « Déontologie des forces de sécurité : pour un respect des règles de bonne conduite » (3 juillet 2026).
Cette page résume les textes officiels et ne remplace ni un avis médical ni un conseil juridique. Une erreur ou un texte qui a changé ? Écrivez à contact@mavigilance.fr.